Au fait l'inconnu, c'est quoi ?...

Tout simplement ce que je, et parfois nous, ne savions pas jusque-là. Cette appréciation repose beaucoup sur nos certitudes, routines, habitudes, schémas de pensée... pour les étirer plus loin. Bonne nouvelle, 95% de notre cerveau serait non-conscient, à la fois réflexe et inconscient. Ce qui nous laisse une très grande marge de manœuvre, et pas mal de recul, sur tout ce que nous croyons contrôler, déterminer, définir... depuis les 5% restants. Se découvrir 'sûr' à partir de 5% de la perception seulement, devrait détendre notre muscle de la certitude ! Avec un peu d'humour indeed.

Comment savoir que j'y suis ?...

Car l'inconnu perturbe facilement: secousses mentales, sentiment d'être perdu, manifestations physiques comme le barbouillage... Autant de signes qui engagent à laisser passer une nuit, pour voir. Si c'est toujours là le lendemain, laisser passer encore une journée, le temps de digérer. Sinon, continuer à explorer. D'expérience, l'inconnu n'offre pas grand chose à perdre, si ce n'est les ébauches de soi. Et malgré le mythe de la création sous ext(r)a, l'inconnu peut aussi se traverser l'esprit clair, calé sur l'intensité à laquelle créer, inventer, chercher, confronte souvent.

Il fait peur ?...

"Des fois oui, des fois non!!' répondrait Gaston... Quand nous revenons de routes très droites, avec des vies bien rangées et organisées, l'inconnu peut faire un peu bizarre. Et même un peu peur, puisqu'il ne répond à rien de ce que nous connaissions jusque-là. Et puis, à mesure que le goût se développe, l'appétit se renforce d'avancer sans vraiment savoir. L'énergie survient alors pour dompter sa peur, mieux faire avec. Car, au même titre que nos autres émotions, la peur est un bon indicateur de risque, et des protections nécessaires pour explorer au mieux.

Quel bénéfice à explorer ?...

Disons que l'inconnu nous replace dans une certaine humanité, tirée de notre capacité à expérimenter, tester, tâtonner... Il relativise l'échec, puisque nous sommes dans l'inconnu. Et oui, là où je ne sais pas, comment savoir si c'est un échec?... Je n'ai qu'à rebrousser chemin, et tenter autre chose!!... Et puis, l'inconnu porte notre joie de découvrir, connaître, vibrer, toucher, percevoir... Pour tout cela, y compris dans les perturbations qu'il génère, l'inconnu nous rend vivant, plutôt qu'heureux. Imaginons un instant ce qu'en diraient de grands explorateurs, archéologues, découvreurs, chercheurs...

On en revient ?...

En principe oui, sinon ça risque de faire un peu secte. Mais on n'en revient jamais tout à fait pareil, car entre temps... le temps a passé!... Quoi qu'il arrive, c'est bien de revenir, parfois. Se reconnecter à ce qui nous entoure, reprendre le pouls, garder le lien. Et puis, montrer le fruit de son travail, de sa recherche... En gardant en tête que traverser l'inconnu est souvent la clé pour trouver autre chose. Avec dans nos besaces cette réflexion lumineuse de Paul-Emile Victor, grand explorateur des pôles: