S comme sens

Egalement signaux faibles

Le sens est d'abord celui de savoir dans quelle direction aller, derrière la nécessité (souvent annoncée) de se transformer. Depuis le temps que nous parlons d'inconnu lié à toute transformation, autant dire qu'avec lui, le sens s'élabore doucement, en pas à pas, et s'ajuste régulièrement. Il n'en reste pas moins que le sens trouve du sens s'il se tire d'une cohérence avec les atouts, valeurs, talents et aspirations de chacun. Et même, selon l'organisation dans laquelle chacun intervient, d'une cohérence avec la stratégie donnée, pour transformer les messages directeurs, souvent de communication, en objectifs personnels de terrain. Autant dire que, quel que soit le contexte, nos sens trouvent pleinement leur place, pour élaborer et garder le sens! Les yeux pour voir au loin, le nez pour renifler les bonnes affaires et les bonnes personnes, la main pour garder la main à la pâte, la bouche pour parler mobilisation, l'intuition pour savoir sans savoir, et l'oreille pour entendre les signaux faibles. Selon Olivier Mevel, docteur en sciences de gestion: «les signaux faibles sont des informations partielles et fragmentaires fournies par l’environnement, éventuellement en parallèle des signaux forts, qui sont porteuses d’un «ordre» spécifique et reconnues comme telles par l’organisation après un traitement approprié. Des signaux faibles, sont des signaux à petite fréquence... voire des signaux non apparents mais déduits d’une information ou d’un fait. L’importance des signaux faibles n’est pas dans leur perception qui se fait rarement au premier degré, mais dans ce qu’ils déclenchent comme réactions contrastées et contribuent à imaginer des scénarios dynamiques. Contrairement aux idées reçues, les signaux faibles sont surtout des extrapolations de déduction». Autant dire que, dans l'inconnu, les signaux faibles ont la part belle, pour savoir où aller, quoi faire et avec qui!... Savoir aussi quand la route est bonne, si elle mérite d'être ajustée... Signaux faibles qui font également dire à Susan Buirge, célèbre chorégraphe américaine:

Et aussi: singularité, sécurité, système, synchronicité, signe, silence, saturation...

T comme transformation

Être pleinement vivant, c'est accepter la transformation constante à laquelle la vie nous soumet. Il est fréquent d'entendre dire que l'évolution est un danger autant qu'une opportunité. De fait, la transformation peut (aussi) être une occasion de révéler d’autres facettes, de grandir à travers l’inconnu auquel la transformation nous confronte. D'autant que nous avançons rarement seuls... En relation avec d'autres autour, notre agilité se trouve vite en dépendre. Ainsi démarre le système! Ensemble plus ou moins hétérogène, mû par une même finalité, où les uns interagissent avec les autres, au prix d'effets en retours. Pour garder la dynamique dans l'avancée, il peut s'avérer opportun de partager autour d'un référentiel évoquant 4 étapes emblématiques dans l'action individuelle et, par ricochet, collective:

  •  traction: chacun attend que des instructions lui soient données, avec une inertie liée au manque d’autonomie,
  • tension: les conflits prennent trop de place pour que l'on puisse s'entendre sur les ressources à mettre en commun, les objectifs à partager, et une volatilité de l'énergie qui alourdit la marche,
  • attraction: les personnes sont plus centrées sur elles que sur ce qu'elles apportent et attendent de exploration, bien que l'attractivité qu'elles ressentent permette d'avancer conjointement,
  • intention: les personnes co-construisent un sens et des modalités d'exploration qu'elles ajustent régulièrement, en même temps qu'elles s'en rendent co-responsables.

L'humain étant autrement plus complexe qu'une progression linéaire strictement encadrée, ces seuils sont mouvants et rarement stabilisés. Ils permettent néanmoins de parler autrement de la transformation envisagée et de l'agilité que requiert ce contexte particulier. Au point de dire 'oui' façon Woody Allen:

Et aussi: test, tout est dans tout (et réciproquement), tactile, tour d'ivoire, tri, talent...

U comme unicité

Désigne le véritable inconnu auquel la transformation finit parfois par nous confronter, celui qui nous échappe le plus souvent, bien qu'il porte l'unicité en nous. Caché par l'uniforme que nous croyons devoir délivrer aux autres, «Môa je» avance un brin aveugle, à coup de routines et autres habitudes de pensées. De la force du désir, qui tel une baguette magique à la conquête d’étoiles, réveille le regard et apprend à marcher sur son propre chemin. L'unicité s'y révèle, en même temps que les pépites arrivent. Enfin!... S'il paraissait être temps, il n'en reste pas moins qu'un principe semble sous-tendre l'unicité, lié à la conscience: plus nous sommes agiles à nous y mouvoir, plus nous sommes en capacité de voir, plus nous sommes également en faculté de laisser émerger une unicité depuis les diverses facettes qui nous composent chacun. Et plus nous sommes délicat à faire vibrer l'unicité de l'autre. Qui sait si ce n'est pas finalement le Graal de tout quête?...

Et aussi: ubiquité, ultime, unifié, ultra, unanime, universel, utile...